Le télétravail, c'est pas pour tout le monde, et c'est très bien comme ça

Le télétravail, c’est pas pour tout le monde, et c’est très bien comme ça

En plein milieu de ce confinement, Darby m’a fait parvenir cet article très intéressant qui aborde la manière de gérer ce nouveau “télétravail forcé” qui s’est imposé à la plupart des employés de bureau dans le monde. Dès le début de l’article, une phrase m’a marqué : “On a milité pour le télétravail, mais une fois qu’il est imposé, il prend une autre saveur”. Et c’est vrai ! Si une grande majorité des entreprises a su faire preuve d’agilité en se dirigeant rapidement vers des plateformes comme Microsoft Teams ou Zoom comme pis-aller pour ses réunions, elle est passée à côté du plus important dans une situation inédite comme celle-ci : l’humain.

Ces dernières semaines, j’ai eu l’occasion de sonder mes amis, certains de nos clients et nos partenaires pour comprendre comment ils appréhendaient cette nouvelle manière de travailler. Le résultat n’est franchement papa foufou et globalement, il y a deux écoles :

  1. Ceux/celles qui se retrouvent submergé.e.s de travail du jour au lendemain, qui passent leur temps à programmer et participer à des réunions en vidéoconférence, qui font exploser leurs forfaits téléphoniques, et voient, en priment, défiler des dizaines de mails pour savoir SI TOUT VA BIEN DE VOTRE CÔTÉ OUI OU NON, PRENEZ SOIN DE VOUS ET DE VOS PROCHES ET RESTEZ CHEZ VOUS. ET N’OUBLIEZ PAS D’ACHETER NOS PRODUITS EN LIGNE PARCE QUE NOTRE BOUTIQUE RESTE TOUJOURS OUVERTE.
  2. Ceux/celles qui se voient forcé.e.s, malgré toute leur bonne volonté, de rentrer en hibernation professionnelle en mettant sur pause leur travail. Soit de manière spontanée (je pense notamment aux indépendants, aux freelances, qui voient leur charge de travail se réduire comme peau de chagrin), soit de manière imposée, avec le chômage temporaire/économique/technique qui n’aura jamais connu autant d’adeptes qu’en cette période.

Ça serait vous mentir que de ne pas avouer qu’on fait plutôt partie de la seconde catégorie en ce moment. Avec une grande partie de nos projets gelés pour une période indéterminée, il a bien fallu se rendre à l’évidence : faute de grives, on mange des merles. Alors on essaie de voir ce confinement de la manière la plus positive possible. On trie nos mails, on range nos ordis, on met à jour nos logiciels (!), on en profite pour lire tous ces articles qu’on avait mis de côté, et évidemment, on reste chez soi, on prend soin de nous et de nos proches (vous commencez à connaître la chanson).

Revenons-en au télétravail. L’article cité plus haut met surtout en avant une problématique essentielle et à laquelle le monde semble faire face : travailler à la maison, ça ne s’improvise pas. Ça ne devrait pas non plus s’imposer, tout comme ça ne devrait pas s’interdire. Et c’est peut-être une des leçons à tirer de ce confinement !

Comment ça se passe chez Nonante Cinq

Au sein de l’agence, à chaque nouvelle arrivée (collaborateur ou stagiaire), j’ai pris l’habitude de ne pas imposer de règles particulières. Tout au plus, on transmet collectivement notre manière de voir les choses, et on laisse l’équipe s’autoréguler dans son fonctionnement. C’est pareil pour le télétravail (en dehors de cette période de confinement, évidemment). Certains viennent à l’agence tous les jours, parce que le contact est important pour eux, parce que ça les stimule et qu’ils s’y sentent à l’aise.

Quand vous commandez un logo chez Nonante Cinq, la plupart du temps, il n’est pas créé au sein même de l’agence.. mais 120km plus loin, chez Lucas, notre designer graphique !

Pour les profils plus créatifs — comme Lucas ou Maxime —, c’est l’inverse : à la maison, ils se sont créé un écosystème personnel de travail dans lequel ils se sentent à l’aise, et plus occasionnellement, ils viennent au bureau pour confronter leurs réalisations au reste de l’équipe, participer à la vie de l’agence ou aux brainstormings (qui sont eux toujours plus efficaces “en vrai”).

Pour les horaires, dans la configuration actuelle de l’agence, c’est la même chose : on s’en fout que tu arrives au bureau à 8H, 9H ou 10H et que tu partes à 15H ou même que tu restes jusque 21H. Si un collaborateur doit partir plus tôt, c’est probablement qu’il a une bonne raison et ça ne tient qu’à lui de nous la donner. C’est bateau, mais “tant que le travail est fait” et qu’en plus toute l’équipe peut s’épanouir en le réalisant, c’est le principal.

Étonnamment, et bien que cette configuration fonctionne probablement mieux dans les équipes à taille humaine, cette gestion “en bon père de famille” donne jusqu’à présent d’excellents résultats. L’équipe se sent réellement investie d’une mission commune et peut s’affranchir de la charge mentale du carcan professionnel habituel. Ce n’est peut-être pas la meilleure manière de faire, mais c’est NOTRE manière de faire.

Quand Darby travaille pour Nonante Cinq, c’est parfois très tôt le matin, très tard le soir, mais quasi jamais au même endroit.

En conclusion, cette situation complètement nouvelle que nous traversons devrait nous donner à tous l’occasion de réinventer, en plus de notre quotidien, la manière dont nous travaillons. À la levée du confinement, certains se précipiteront au boulot pour retrouver leurs collègues, et d’autres resteront chez eux encore un peu. Et c’est très bien comme ça !

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Après avoir voyagé dans différents médias (presse écrite, radio & TV) ces 10 dernières années, j'ai fondé l'agence Nonante Cinq pour développer les projets qui me tiennent à coeur ! Grâce à ça, j'apprends au quotidien à gérer les projets, les clients.. et une super équipe !